Avec Mare Vivu, de jeunes Corses s’engagent contre la pollution plastique

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« Le plastique c’est loin d’être fantastique ». Si l’on devait résumer en quelques mots le message que tente de faire passer Mare Vivu, ce serait à peu de choses près celui-ci. Créée en 2016 par deux jeunes amis originaires de Pinu, dans le Cap Corse, cette association d’éco-volontariat s’est spécialisée dans la lutte contre la pollution plastique en Méditerranée.

« À la base, nous étions un ensemble de jeunes amateurs qui étions passionnés par le milieu marin, et qui étions conscients qu’il y avait un gros problème et un enjeu important autour de la pollution plastique et du réchauffement climatique », se souvient Pierre-Ange Giudicelli, le co-fondateur de Mare Vivu.

Désireux de se confronter à la réalité des choses, avec son ami Anthony-Louis Fusella, ils décident alors de fonder la mission Corseacare qui écume depuis, chaque été pendant un mois, les quelques 1 000 km de littoral corse à bord de kayaks trimarans, avec pour but d’informer sur la situation en Méditerranée. « Nous avions vraiment un besoin de comprendre ce qu’il se passait. Et petit à petit, on a découvert que la situation est pire que ce nous imaginions », raconte Pierre-Ange Giudicelli.

Cet été, les deux jeunes hommes pas encore trentenaires, et leur équipe composée d’un petit groupe d’étudiants, ont ainsi été particulièrement choqués par ce qu’ils ont pu observer dans le golfe de Porto. Par une vidéo, partagée des centaines de fois sur les réseaux sociaux, ils ont témoigné d’une gigantesque nappe de déchets de plusieurs centaines de mètres, en plein cœur de la réserve de Scandola. « C’est affligeant quand on voit cela et les gens ne sont pas forcément au courant », déplore Pierre-Ange Giudicelli, « Notre mission c’est donc de témoigner, montrer aux gens qu’on voit ».

Une mission à visée scientifique et pédagogique

Dès le départ, les deux co-fondateurs de l’association Mare Vivu ont aussi souhaité aller plus loin et donner une dimension scientifique à Corseacare et ont contacté différents organismes pour leur proposer leur aide dans la collecte de données sur le terrain. « On s’attendait à se faire jeter, mais il s’est révélé que justement ils étaient à la recherche de moyens pour aller collecter des données autour de la Corse », livre Pierre-Ange Giudicelli en précisant que l’association effectue ainsi du travail de terrain pour différents organismes scientifiques comme le CNRS ou l’IFREMER.

Dans leur tour de Corse, au travers différentes étapes à terre un peu partout sur l’île, forts de l’engouement qui caractérise l’association, ses membres se sont également donnés pour mission de venir vulgariser ce qu’ils ont appris auprès du grand public. Au cours de différents évènements tout au long de l’été, ils viennent sensibiliser la population sur la préservation du patrimoine naturel marin.

De l’observation à la demande de solutions concrètes

« Au fur et à mesure qu’on comprend les véritables enjeux, on adapte nos discours. On a vu tellement de choses qu’on se rend compte par exemple que finalement le nettoyage des plages, c’est comme un coup d’épée dans l’eau si on ne fait rien derrière », indique Pierre-Ange Giudicelli. Pour le jeune co-fondateur de Mare Vivu la bonne direction à prendre pour résoudre ce problème de la pollution plastique, de plus en plus inquiétant en Méditerranée, est autrement plus radicale : en finir définitivement avec cette matière très compliquée à éliminer.

Pour ce faire, il appelle à la mobilisation des entreprises et pouvoirs publics. « Aujourd’hui, on minore la pollution plastique alors que c’est une véritable bombe à retardement. Si l’on veut vraiment résoudre ce problème, il faut agir en amont et ne plus voir certaines solutions techniques comme des solutions miracles », argue-t-il en soulignant à ce titre que « les chiffres de recyclage ne sont pas du tout à la hauteur des enjeux ». « C’est au niveau de la production qu’il faut changer les choses ! », insiste-t-il en développant : « La plupart des gens ne se posent même pas la question de réduire leur consommation de plastique quand ils font leurs courses. Il faut donc faire en sorte qu’il n’y ait plus de choix d’emballage. Il faut éliminer le plastique et construire quelque chose de différent ».

La low-tech au service de la pédagogie

Dans le but pédagogique d’accentuer ce message et de venir démontrer que le recyclage n’est pas aujourd’hui à lui-seul pas suffisant pour lutter contre la pollution plastique, les membres de Mare Vivu ont dernièrement créé des machines de low-tech, inaugurées en septembre à Calvi en présence de la princesse Charlène de Monaco.

« Grâce à ces machines, nous expliquons à la population les tenants et aboutissants du recyclage, et ses contraintes. On montre par exemple aux gens que tous les plastiques ne sont pas recyclables, notamment ceux qui ont séjourné sur les plages, car ils sont trop altérés », explique Pierre-Ange Giudicelli. 

« En même temps, selon un rapport de 2018, ce sont 600 000 tonnes de déchets plastique qui sont chaque année déversés dans la Méditerranée. C’est l’équivalent d’un camion benne par minute qu’on jette dans la mer », instille encore le jeune homme.

Une association plusieurs fois distinguée

Grâce à son implication dynamique et à son enthousiasme débordant, l’association Mare Vivu a déjà été récompensée à plusieurs reprises.

En 2018, elle a notamment été lauréate de « Mon projet pour la planète », appel à projets qui avait été lancé par le ministère de la transition écologique pour sa mission CorseaCare. « Cela a permis de nous faire connaitre et de mobiliser une communauté autour de nous », sourit Pierre-Ange Giudicelli. L’année suivante, elle a également remporté un autre appel à projet lancé cette fois par le réseau « Beyond Plasti Med », porté notamment par la Fondation Prince Albert II de Monaco. Enfin, en cette année 2020, Mare Vivu a été retenue comme l’un des 25 initiatives de référence pour la lutte contre la pollution plastique au niveau national dans un rapport de l’Ademe.

Autant d’encouragements à poursuivre dans cette voie, et de visibilité pour cette jeune association qui espère désormais éveiller la conscience environnementale de chacun et encourager l’implication des citoyens dans la recherche de solutions et autour des valeurs d’éco-responsabilité.

Pour contacter l’association ou rejoindre ses rangs vous pouvez la contacter depuis son site internet : https://mare-vivu.org

ou par sa page Facebook : https://www.facebook.com/corseacare.associu.mare.vivu/

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